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Essais

La voix des bègues

Non-mixité et prise de parole dans des groupes de self-help
Réunies dans des groupes de self-help, les personnes bègues peuvent parler entre elles, loin de la stigmatisation habituelle. La non-mixité favorise une mise à distance des normes du bien parler, mais elle n’annule pas les inégalités langagières entre personnes bègues.

Dossier : Espaces non mixtes : l’entre-soi contre les inégalités ?

Dès le début du XXᵉ siècle, des mouvements de patient·e·s ont remis en cause le contrôle social exercé par l’institution médicale (Barbot 2002 ; Pinell et Broqua 2002). Nés aux États-Unis dans les années 1930, les groupes de parole et de self-help ont ainsi joué un rôle crucial dans la critique sociale des rapports de domination inhérents à la relation de soin (Gelly et Pitti 2016). Ces luttes se retrouvent aujourd’hui dans des mouvements défendant l’empowerment ou l’autonomie des usager·e·s face à un système et des professionnel·le·s de santé qu’ils jugent trop peu attentifs aux expériences des malades. Malgré la diversité des causes que ces groupes représentent, ils ont en commun de donner la parole à des individus qui en sont habituellement dépossédés, aussi bien au sein des institutions médicales que dans l’espace public, comme le montre l’exemple des personnes bègues. Le bégaiement est défini comme un trouble de la parole qui se manifeste par des répétitions et des allongements de mots, syllabes ou phrases, et parfois par des mouvements corporels. Il constitue dès lors un obstacle de taille dans les interactions ordinaires comme dans les événements plus « rituels » (Goffman 1975). En se réunissant entre eux, les bègues, qui se trouvent dans une position dominée du point de vue de la prise de parole dans les interactions quotidiennes comme dans la relation de soin, tentent ainsi de faire entendre leur voix de « sans-voix ».

De la même façon que la non-mixité a constitué un outil de lutte et d’émancipation vis-à-vis de dominations de classe, de race ou de genre (Jacquemart et Masclet 2017 ; Martin-Breteau 2020), permettant aux personnes concernées de se réunir entre elles, les groupes de parole offrent aux bègues un espace qui leur fait défaut dans la vie quotidienne. À partir de l’observation de séances de self-help [1] de personnes bègues dans trois villes de France métropolitaine et d’entretiens [2] menés avec des participant·e·s [3], cet article montre en quoi ces espaces peuvent permettre une mise en suspens et une critique de la domination symbolique par la parole (Grignon et Passeron 1989 ; Bourdieu 1982), tout en reconduisant certaines formes d’inégalités sociales et langagières entre les bègues eux-mêmes.

Le pouvoir de parler loin des autres

Habitués à « être parlés » plus qu’ils ne parlent, les bègues se trouvent objectivement assignés aux positions les plus basses dans l’échelle du « bien » parler, parmi les différentes catégories de dominés de la parole. Concrètement, leur expérience quotidienne se présente comme un « enfer au niveau de la parole » qui génère la peur de « mal parler » et contribue à produire des dispositions au silence, comme en témoigne Loïc, informaticien de 28 ans : « En fait je-je [4] parlais pas trop en fait, je parlais pas pour ne pas bloquer. » Évoquant les moqueries qu’il a subies étant enfant, Idrissa (aide à domicile et étudiant de 35 ans) explique quant à lui comment les rires et le harcèlement l’ont rendu mutique : « J’avais de-d-d-d-eux profs qui m’ont vraiment fait du mal. […] il me forçait à aller au tableau, à participer à la classe. […] Tu deviens un phénomène de-de voilà de foire. » Atténuant certains des effets de la domination, l’espace privé est vu par beaucoup de bègues comme un espace davantage protecteur que l’espace public. Mais, s’il est le plus souvent plus aisé de prendre la parole dans la famille ou avec les ami·e·s que devant des inconnu·e·s, ces « refuges » ne sont cependant pas exempts de rapports de force, puisqu’ils mettent face à face des bègues et des non-bègues.

La dépossession de la parole à laquelle les bègues sont confrontés les pousse donc, fréquemment, vers des espaces privés marqués par l’entre-soi et en partie « cachés », dans lesquels leur manière de parler n’est pas soumise aux mêmes classements sociaux. Créés en France dans les années 1970, les groupes de self-help consacrés au bégaiement entrent dans cette logique, en se présentant comme des « espace[s] d’entraide et de parole entre personnes bègues ». Établie par les responsables des groupes de self-help de huit grandes villes, la charte dont ils se dotent en 2012 stipule que l’accès à ces groupes est réservé aux bègues, bien que le « groupe [puisse] recevoir ponctuellement des personnes non bègues avec l’accord unanime des participants […] professionnels, parents [ou] conjoints ». En pratique, ces visiteur·euse·s extérieurs sont plus souvent journalistes ou étudiant·e·s (en orthophonie, en psychologie ou en sciences sociales). Cette règle a rendu possible ma présence de chercheure non bègue, à condition que je précise d’emblée ne pas être bègue. Si les exceptions à la non-mixité sont donc courantes, elles restent ponctuelles et soumises à un contrôle. À chaque séance (bi)mensuelle, ces groupes de self-help rassemblent en non-mixité une dizaine de bègues aux origines et positions sociales variées [5] (des hommes comme des femmes à Dontant, seulement des hommes à Honfeuil). En garantissant un « droit d’exclusivité » et un « sentiment de propriété » à leurs membres, ces groupes de parole constituent dès lors autant de territoires réservés (group territories) (Goffman 1968, p. 294), grâce auxquels les bègues exercent un « contrôle inhabituel » et peuvent conquérir le pouvoir de parler.

Au début de chaque séance, lors d’un tour de table rituel, les participant·e·s sont invités par les membres organisateurs à se présenter. Après avoir énoncé leur prénom et l’âge auquel leur « problème » est apparu, ils exposent leur « histoire avec le bégaiement », leur expérience de la prise de parole et leurs attentes vis-à-vis du self-help : « Ici, ce qui m’intéresse, c’est de partager et d’avoir des conseils sur comment gérer le bégaiement », explique ainsi Yannick, journaliste de 46 ans. Que les échanges portent sur des problèmes concrets que les bègues rencontrent au quotidien (moqueries subies lors d’un entretien d’embauche, peur de transmettre son bégaiement à son fils, etc.) ou qu’ils consistent en des réflexions plus abstraites (reconnaissance administrative du bégaiement comme handicap, usage du terme « bègue », etc.), ils mettent au jour une représentation du self-help comme un espace où l’on n’a « pas honte » de parler. Bibliothécaire de 54 ans, Catherine estime « ne [pas] trop prend[re] la parole dans la vie » et ne pas être « une grande bavarde », et compare le groupe à une « bulle où on est entre soi ». Pour elle, ces instants représentent une « parenthèse enchantée », expression qui n’est pas sans rappeler la « parenthèse du dimanche » que Claude Grignon et Jean-Claude Passeron (1989, p. 81) décrivaient comme un moment de répit et d’« oubli de la domination » survenant sous certaines conditions dans la vie des dominés.

Rester entre semblables, qui plus est dans un espace d’interconnaissance, permet ainsi à celles et ceux qui sont habituellement privés de la parole (et s’en privent) de la prendre et de partager leur expérience quasi indicible, voire taboue, sans risquer de perdre la face.

De la mise en suspens à la critique de la domination linguistique ?

Condition sine qua non pour que les bègues parlent et se livrent, cet entre-soi constitue une tentative de définition de nouvelles normes de prise de parole, permettant de ne plus « être obligé[s] de [se] surveiller et de [se] contrôler » au cours des interactions (Goffman 1975, p. 26). Bien que faiblement codifiés, les échanges au sein des groupes de self-help sont ritualisés (Fainzang 1992) et révèlent des normes qui s’affranchissent en partie de celles qui pèsent sur ces dominé·e·s en temps ordinaire. Contrairement aux conditions « normales » de la communication selon lesquelles les bègues sont parfois contraints de parler malgré leurs difficultés, « rien n’est imposé [6] » au sein du groupe. Cette règle permet ainsi à chacun·e de garder le silence, ou à l’inverse de s’exprimer longuement en bégayant sans que cette prise de parole soit jugée irrecevable. Les normes dominantes qui définissent le « bien » parler sont donc mises à distance : autorisés et légitimes, les blocages, les répétitions, ou encore les silences intempestifs associés au bégaiement ne donnent pas lieu à des rappels à l’ordre.

Les exceptions à la non-mixité de ces groupes, comme les moments où les règles tacites de prise de parole « libres » sont mises à mal, mettent au jour les codes de prise de parole qui prévalent pour les bègues dans cet espace (et qui semblent s’appliquer différemment aux non-bègues). C’est le cas lors de l’intervention de Bernard, documentariste venu filmer une séance. Alors que le tour de table a commencé, il l’interrompt et invite ceux qui se sont déjà exprimés à « reprendre exactement ce qu’[ils viennent] de dire », avant de préciser à l’attention de Clothilde : « Tu peux juste refaire pour moi : “Je vais laisser Bruno parler” ? Alors attention, je vais donner le top. Vas-y ! » En coupant la parole, en enjoignant aux bègues de (se) répéter ou encore de reprendre leur phrase sans qu’ils puissent s’y être préparés auparavant, cet invité transgresse plusieurs règles tacites. Surpris, les participant·e·s soulignent sur le ton de l’humour le caractère inapproprié de cette demande. Mais, ils sont peu nombreux à manifester leur agacement, et aucun ne rappelle à l’ordre le documentariste [7]. Ils ne voient pas cet événement comme une transgression des normes du self-help.

Au sein de ces groupes, la suspension des normes de la parole légitime est discrètement défendue et n’est donc pas synonyme d’une critique explicite et politique de celles-ci. Ce qui importe davantage aux bègues, c’est de maintenir hors des frontières du groupe les points de vue qui risqueraient de les diviser, comme le montre le débat qui entoure le rôle des orthophonistes dans la prise en charge du bégaiement. Bien qu’« aucune méthode thérapeutique ne doi[ve] être imposée au cours de ces réunions », la non-mixité constitue un espace d’échanges à leur sujet et une tentative d’émancipation vis-à-vis des espaces prescriptifs en la matière que sont les cabinets d’orthophonie. Ainsi, les groupes de parole permettent parfois l’expression de certaines formes d’hostilité à l’égard du travail orthophonique. Cependant, les reproches ou prises de position trop tranchées ou véhémentes sont systématiquement nuancées ou censurées à l’intérieur des groupes. Le rapport aux orthophonistes est en effet ambivalent : elles sont à la fois vues comme des passeuses des manières de parler légitimes (vis-à-vis desquelles ces espaces de non-mixité cherchent localement à s’émanciper) et comme des alliées dans la mise à distance de celles-ci. En effet, nombreuses sont les orthophonistes à encourager les bègues à voir leur trouble comme une différence, et non comme une tare ou une anormalité.

La non-mixité ne sert donc pas ici une remise en cause critique des normes du « bien » parler. Au contraire, les participant·e·s expriment leur désapprobation à l’égard des prises de parole qui entendent politiser le sujet du bégaiement. Ils jugent qu’elles n’ont pas leur place au sein du self-help.

Des inégalités sociales et langagières persistantes

Ces mises entre parenthèses de la domination doivent être nuancées. En effet, l’injonction sociale à parler et à « bien » parler reste présente dans ces espaces : à Honfeuil, Loïc insiste auprès des participant·e·s pour qu’ils prennent la parole et « développent » ; à Dontant, Marc n’hésite pas à interrompre certaines présentations qu’il juge trop peu concises [8]. Ces rappels à l’ordre émanent d’habitués qui disposent, au-delà de leur ancienneté au sein de ces espaces, d’autres formes de ressources qui les y autorisent. Les hiérarchies qui se font jour ici montrent que les frontières de ces groupes « protégés » et « à part » ne sont pourtant pas imperméables aux attentes normatives en termes de parole et de prise de parole qu’elles prétendent tenir à distance. Ces espaces s’affranchissent ainsi de manière limitée des normes du discours légitime et des contraintes sociales qui régissent la prise de parole en général.

Ces territoires réservés sont plus largement traversés par des rapports sociaux de classe, de genre et de race. En effet, les bègues sont inégalement dotés en capital économique et culturel, et leurs dispositions à la prise de la parole dépendent toujours de leur sexe, de leur trajectoire scolaire et de leur position sociale. L’observation des groupes de parole met en évidence des différences notables entre ceux qui maîtrisent le mieux la langue légitime et les normes dominantes liées à la parole, qui occupent souvent les positions sociales les plus élevées, et les autres. Bruno (comptable), Yannick (journaliste), Jean (ingénieur), ou encore Léa (étudiante dans une école d’ingénieur) sont davantage sollicités et se trouvent plus fréquemment en position de porte-parole, quand Clothilde (secrétaire), Véronique (adjointe administrative dans un service communal), Fatima (femme au foyer) ou Catherine (bibliothécaire) parlent moins. Dans la mesure où le bégaiement présente une forte prévalence masculine [9] et que celle-ci progresse avec l’âge (la proportion d’hommes augmente à l’âge adulte), les femmes qui bégaient sont également minoritaires dans les groupes de self-help et s’y font moins entendre. Dans un milieu très masculin, le genre vient donc renforcer ces dispositions situées à la parole et à la prise de parole : les plus timides sont plus souvent des femmes, quand bien même elles fréquentent ces groupes depuis plus de dix ans pour certaines d’entre elles.

Ces rapports différenciés à la prise de la parole et au langage ont dès lors des effets pratiques inégaux pour les bègues : les profits qu’ils tirent de la non-mixité ne sont pas les mêmes. Au cours de l’entretien que je mène avec Yannick (journaliste), il m’explique : « Tu te rends compte que tu n’es pas seul ! […] C’est aussi un formidable moment pour s’entraîner mutuellement. […] J’essaye de garder en tête ce qu’on dit pour m’en souvenir lors des réunions [de travail] et dédramatiser. » Cet extrait montre comment les participant·e·s les plus dotés en capital culturel (et plus précisément en capital scolaire) cherchent à transférer dans d’autres contextes « mixtes » (qui rassemblent bègues et non-bègues) certaines des ressources produites dans cet entre-soi (capacité à relativiser le handicap, certitude de ne pas être seul, confiance à prendre la parole en public, etc.). Plus que des techniques concrètes pour « mieux » parler ou que des astuces pour prendre davantage la parole, ce sont donc des dispositions à se sentir moins illégitime à parler que cet entre-soi produit. La non-mixité a ainsi des effets symboliques et pratiques sur l’usage de la parole et les représentations du « bien » parler des bègues au-delà de la bulle que le groupe de parole constitue. Clothilde (secrétaire) revient sur ce que la fréquentation longue du groupe lui a apporté : « J’ai moins peur, on va dire de… de… Je le cache moins quoi [le bégaiement]. […] c’est mon regard qui a changé. »

Cependant, si ces groupes non mixtes peuvent être considérés comme les espaces d’une socialisation secondaire, où se forment et se transforment des dispositions langagières et des pratiques à prendre la parole, nombreux et nombreuses sont les participant·e·s à nuancer le caractère durable et transposable des ressources acquises dans l’entre-soi. Tout se passe comme si une fois franchies les frontières du groupe non mixte, le sentiment de légitimité à parler s’estompait ou était d’autant plus difficile à mettre en pratique que les locuteur·trice·s ne partagent plus la même expérience stigmatisante du bégaiement.

Susceptibles d’être stigmatisés du fait de leur façon de parler dès lors qu’ils ouvrent la bouche dans (presque) tous les contextes sociaux, les bègues cherchent à se soustraire à la domination en se réunissant entre eux et en érigeant de « nouvelles » normes de parole. Les groupes de self-help représentent l’un des rares espaces où les jugements habituels qui entourent les manières de parler s’exercent différemment et avec moins de force. La non-mixité constitue donc l’un de ces « moyens de “faire avec” » la domination (Grignon et Passeron 1989, p. 79). Cependant, en dépit de leurs effets non négligeables sur la socialisation des intéressé·e·s, ces mises entre parenthèses sont à la fois circonscrites spatialement et dans le temps, et sont modulées par leurs appartenances de classe et de genre. Ainsi, loin d’être le lieu d’une critique explicite et politique des normes de la parole légitime, ces territoires réservés offrent néanmoins un espace extra-ordinaire de parole à ceux pour qui parler n’a rien d’évident, espace qui reste traversé par la hiérarchie qui distingue ceux qui parlent « bien » des autres.

Bibliographie

  • Barbot, J. 2002. Les Malades en mouvements. La médecine et la science à l’épreuve du sida, Paris : Balland.
  • Bourdieu, P. 1982. Ce que parler veut dire. L’économie des échanges linguistiques, Paris : Fayard.
  • Fainzang, S. 1992. « Maladie, identité et guérison dans un groupe d’anciens buveurs : Vie Libre », Ethnologie française, vol. 22, n° 1, p. 5-18.
  • Gayraud-Andel, M. et Poulat, M.-P. 2011. Le Bégaiement. Comment le surmonter, Paris : Odile Jacob.
  • Gelly, M. et Pitti, L. 2016. « Une médecine de classe ? Inégalités sociales, système de santé et pratiques de soins », Agone, n° 58, p. 7-18.
  • Goffman, E. 1968 [1961]. Asiles. Études sur la condition sociale des malades mentaux et autres reclus [trad. L. et C. Lainé], Paris : Éditions de Minuit.
  • Goffman, E. 1975 [1963]. Stigmate. Les usages sociaux des handicaps [trad. A. Kihm], Paris : Éditions de Minuit.
  • Grignon, C. et Passeron, J.-C. 1989. Le Savant et le populaire. Misérabilisme et populisme en sociologie et en littérature, Paris : Éditions du Seuil.
  • Jacquemart, A. et Masclet, C. 2017. « Mixités et non-mixités dans les mouvements féministes des années 1968 en France », Clio. Femmes, genre, histoire, n° 46, p. 221-247.
  • Martin-Breteau, N. 2020. « Ségrégation et mixité dans les luttes africaines-américaines pour l’égalité », Métropolitiques [en ligne], 8 juillet 2020.
  • Pinell, P. et Broqua, C. (dir.). 2002. Une épidémie politique. La lutte contre le sida en France (1981-1996), Paris : PUF.

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Pour citer cet article :

Abigail Bourguignon, « La voix des bègues. Non-mixité et prise de parole dans des groupes de self-help », Métropolitiques, 6 janvier 2022. URL : https://metropolitiques.eu/La-voix-des-begues.html

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